Le groupe Pinaskin est né au début des années 1990 dans la réserve de la Manawan. Pinaskin jouait alors une musique rock fortement influencée par la culture blanche. Il s'est produit dans les bars de la région et a présenté son spectacle à la salle Rolland Brunelle (Joliette). Il a même enregistré un album amateur au début de son existence.

En 1998, la formation s'est dissoute, mais Régis Niquay a conservé le nom du groupe et, avec le temps, s'est adjoint de nouveaux musiciens. Cet auteur compositeur interprète chante depuis l'âge de huit ans. Il a commencé par interpréter du country, un style fort apprécié des Amérindiens, puis s'est mis à la composition.

 

     

 

Cette seconde naissance a été l'occasion pour Pinaskin de modifier sa trajectoire et d'intégrer à sa musique toujours teintée de rock et de blues des couleurs plus traditionnelles. Il opérait ainsi un métissage entre une musique très actuelle et un héritage ancestral. La guitare électrique se mêle donc aux percussions amérindiennes et aux chanteurs traditionnels.

 

Régis Niquay.

     
     

Nous avons la volonté de faire vivre la tradition. Nous écrivons des paroles qui parlent du peuple amérindien. Avec notre musique, nous désirons encourager les nôtres à ne pas se décourager et à se rappeler qui ils sont et d'où ils viennent, même si la vie pour eux n'est pas toujours facile.

Régis Niquay.

   

 

Les choses vont bon train. Le groupe s'est classé deuxième à ses trois participations au Concours de musique autochtone. Il a fait une tournée en Europe, en Suisse, notamment, et il s'apprête à enregistrer son premier « vrai » disque qui devrait porter le titre de Obowgan, c'est-à-dire Esprit.

C'est suite à la rencontre fortuite de Régis Niquay avec Pascal Pouly, le producteur du chanteur suisse Jean-Pierre Huzer, que l'ouverture sur l'Europe se produit. Le producteur suisse, qui participe alors au Challenge Canada (compétition de motoneiges), est secouru par le musicien qui se trouve sur les lieux lors du bris de sa machine.
       

Le groupe Pinaskin en spectacle, avec costumes et danse.

  De là débute une histoire qui ne semble pouvoir arriver que dans les livres. Le producteur se prend de sympathie pour le chanteur et l'invite avec son groupe à jouer dans son pays. Deux ans plus tard, il lui propose de produire son disque en Suisse. Les discussions sont en cours et, peu importe les résultats, Régis Niquay est bien déterminé à ne pas abandonner le projet : Si on ne peut le sortir là-bas, on le fera au Québec dans le studio de Florent Vollant à Sept-Îles.

Une histoire à suivre pour Pinaskin…

       
Un autre jeune auteur compositeur interprète de la réserve travaille présentement sur un projet de disque. Il s'agit de Saki Ottawa. Assisterons-nous au lancement de deux enregistrements en provenance de la Manawan la même année ?