Au
fond obscur dune pauvre campagne
Vivait
naguère un fermier irlandais
Sous
son vieux toit, cinq enfants, sa compagne
Semblaient
goûter (3) le bonheur et la paix.
Un
triste jour il quitta sa chaumière,
Il
se rendit au village voisin.
A
son départ, hélas, il pensait guère
A
son retour (3) trouver un assassin.
Le
fils aîné dun infernal génie
Sarma
soudain dun instrument mortel
Sur
ses trois surs dont la voix le supplie
Frappe
sans trêve (3) au foyer paternel.
Il
veut encore une tendre victime :
Son
jeune frère à peine à ses dix
ans.
Il
vit bourreau, par un quadruple crime
Oter
la vie (3) à ces quatre innocents.
-
" Que tai-je fait ô Thomas,
ô mon frère
Pourquoi
frapper sur ton aimante sur,
Pourquoi
brandir ta hache meurtrière,
Pitié
Thomas (3), jai connu ton bon cur. "
-
" Non, non, jamais, jai juré
quelle meure,
Elle
est de trop il me faut place ici.
Je
veux, cest dit, vider cette demeure "
Dautres
encore (3), doiv'ent périr aussi. "
-
" Arrête, Tom, ne frappe pas ton frère,
Épargne-le,
je veux le secourir.
Laisse
tomber ta hache meurtrière,
Pitié
Thomas (3), ne le fais pas mourir. "
-
" Pas de pitié pour toi plus que
pour elles,
Tu
vas tomber sur le bord du chemin,
Tiens,
je timmole à ma rage cruelle
Et
vous allez (3) périr tous par ma main. "
-
" O mon Thomas, épargne ton Ellene,
Grâce
et pitié, tu sais que je taimais. "
-
" Pas de pitié, plus damour,
cest la haine
Vous
épargner (3) non, mille fois jamais. "
Et
sur le coup le vil assassin frappe,
Le
sang jaillit sur le sol au foyer.
Quatre
à ses pieds, quatre, pas un n'échappe
Au
fer cruel (3) du frère meurtrier.
O
chers enfants, je vous revois sans vie,
Vous
qu'en partant j'ai laissé si joyeux,
Quel
vil brigand, quel infernal gnie
Aurait
commis (3) ce forfait odieux.
Serait-il
vrai que l'auteur de ces crimes
Serait
mon fils que j'aimais tendrement,
Ai-je
nourri le frre et ses victimes
Quel
sort cruel (3) quel chagrin, quel tourment.
Pauvres
enfants, Betsy, Annie, Ellene,
Tendre
Patrick, vous trois que j'aimais tant,
D'un
deuil sans fin je vais porter la peine
Qui
perpétra (3) ce crime révoltant.
Qu'entends-je
Tom, ta propre voix déclare
Que
c'est ta main qui leur donna la mort.
Enfant
sans coeur et frère plus barbare,
Pourquoi
vous faire (3) si pénible sort.
Devant
tes pairs tu vas bientôt apparaître,
Tu
répondras du sang que tu versas.
Puisse
le ciel, puisse l'auguste maître
Te
pardonner (3) ton forfait d'ici bas.
Il
faut punir ce crime épouvantable,
D'un
assassin purger notre pays.
Le
meutrier et les lâches coupables
Des
yeux de tous (3) doivent être bannis.
Malgré
l'horreur que l'échafaud présente,
Tu
dois montrer sur l'infâme gibet
Pour
enseigner à la race présente
Quel
châtiment (3) mérite ton forfait.