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Le
folklore (folk : peuple ;
lore : science), autrement dit,
l'art traditionnel, c'est le savoir des peuples.
C'est la culture développée
par les ancêtres et transmise de génération
en génération.
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Tout
a commencé il y a
il y a bien longtemps.
Probablement en même temps qu'a débuté
le peuplement français sur les rives du fleuve
en 1637 (Seigneurie d'Autray).
Parce
que, faut-il le rappeler, Les Français, en s'installant
dans la région, apportent donc avec eux leur
chant, leur danse et leur musique.
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Lanaudière
accueille dès 1766 des déportés
acadiens qui seront à la base du développement
des villages de Saint-Jacques, Saint-Liguori, Sainte-Marie-Salomée
et Saint-Alexis.
Puis,
sous le régime anglais, des Écossais s'établissent
à Rawdon et Saint-Gabriel-de-Brandon. Plus tard,
un nombre important d'Irlandais les suivent.
La
musique traditionnelle dans Lanaudière résulte
donc d'un métissage de toutes ces cultures, principalement
celles de l'Acadie et de l'Irlande.
Notre
musique traditionnelle est donc issue essentiellement
de la rencontre d'un peuple de chanteurs (les Acadiens)
et d'un peuple de violoneux et de danseurs (les Irlandais).
Ces
apports de différents courants ne seront pas
les seuls à survenir au cours des années.
Nous verrons un peu plus tard, notamment au début
des années 1980, comment la musique traditionnelle
a continué à emprunter et à se
faire influencer par des cultures et des styles musicaux
fort divers.
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Carte
de la colonisation de Lanaudière. Cliquer sur
la carte pour une version agrandie.
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La
musique traditionnelle dans Lanaudière
résulte d'un métissage de cultures,
principalement de l'Acadie et de l'Irlande.
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Le
folklore acadien est sans contredit celui qui a eu le
plus d'influence chez nous. La très grande majorité
des chansons traditionnelles que nous connaissons encore
aujourd'hui ici provient de ce répertoire.
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Nous
recensons aujourd'hui dans la région
de Lanaudière environ 30 000 descendants
d'Acadiens.
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Nous
n'avons qu'à penser à Au chant
de l'alouette, Dans la prison de Londres (ou
de Nantes), À la claire fontaine ou
encore à Mon père a fait bâtir
maison. Certaines nous viennent d'Europe alors
que d'autres ont été composées
ici.
Isolés,
entourés par la culture anglophone, exilés
en terre étrangère, les Acadiens sont
parvenus malgré mais peut-être surtout
grâce à cette situation, à conserver
leurs traditions vivantes et à les transmettre.
Nous
recensons aujourd'hui dans la région de Lanaudière
environ 30 000 descendants d'Acadiens.
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L'influence
des Écossais et des Irlandais se fait surtout
présente dans la musique de danse. Les anglophones
dansent alors que les francophones catholiques, « surveillés »
par le clergé, se contentent de jouer de la
musique et de chanter. La musique instrumentale ne
connaissant pas de barrières linguistiques,
elle est rapidement intégrée au répertoire
québécois et acadien. Ce qui explique
bien la présence des gigues et des reels écossais
et irlandais dans notre tradition.
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La
culture américaine laisse également
son empreinte dans la région, particulièrement
dans la danse et la musique qui l'accompagne. Des
familles de chez-nous, établies à Sainte-Élizabeth,
notamment, émigrent aux États-Unis vers
la fin du XVIIIe siècle. Le travail
de la terre ne suffit pas à nourrir ces familles
nombreuses. Elles partent alors s'installer en Nouvelle-Angleterre
en quête de travail dans l'industrie du textile,
entre autres.
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La culture américaine
laisse également son empreinte dans la
région, particulièrement dans
la danse et la musique qui l'accompagne.
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Des
années plus tard, certaines d'entre elles reviennent
s'installer dans leur région natale, emportant
dans leur bagage une seconde langue, mais également
des musiques et des danses apprises là-bas.
Voilà pourquoi, jusqu'à tout récemment,
des francophones «callaient» en anglais
des sets américains. Ce n'est d'ailleurs que
vers la fin des années 1980 que les termes
français se généralisent et remplacent
ceux empruntés à l'anglais.
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Une
autre conséquence de la conquête et du
passage au régime anglais est le retour en France
d'une bonne partie de ceux qui possédaient alors
des instruments de musique. Après leur départ,
la musique instrumentale se fait donc rare. Certains
airs seront bien repris sur des instruments, mais cela
constitue une part infime de notre répertoire.
À
l'opposé, les Écossais et les Irlandais
débarquent avec des instruments plus développés
pour l'époque que ceux apportés par les
Français, apportant avec eux violons, accordéons
et harmonicas. Comme la chanson et la musique proviennent
de deux cultures et deux univers différents et
que la barrière de la langue est bien présente,
aucun métissage ne s'opérera.
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Une tradition à sauvegarder
- Un passé qui laisse des traces
- À la recherce de la petite histoire
- Un but, un seul but : transmettre la tradition
- Un porteur de tradition à temps plein
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Les
occasions sont nombreuses pour se réunir et souvent
prétextes à réjouissance. On chante
aux champs, aux chantiers, aux mariages, en famille,
entre amis, lors des corvées de village et bien
sûr à l'occasion de Noël et du Nouvel
An.
Chacun
apporte son instrument, on pousse les chaises de cuisine,
on juche le violoneux sur une chaise, elle-même
montée sur la table, et on fête jusqu'aux
petites heures du matin sous l'il attentif des
enfants qui observent de l'escalier le grand monde s'amuser.
En fait la chanson fait partie de la vie quotidienne.
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Linogravure
de Wilfrid Corbeil
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Les
veillées du « Bon vieux temps »
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Héritage
du passé, notre folklore s'est transmis jusqu'à
tout récemment de génération en
génération sous une forme exclusivement
orale. Les chansons, la musique, les danses circulaient
librement : libres de droits, libres de formes,
chaque musicien ou danseur pouvant les arranger, les
modifier et les interpréter à sa guise
ou selon ce qu'il en avait retenu. Ce qui a amené
un nombre considérable de versions différentes
de la même pièce, selon sa provenance et
les modifications subies tout au long de son parcours.
Tantôt
c'étaient les paroles qui changeaient, tantôt
c'était la musique. Quand ce n'étaient
pas les deux à la fois! Est-ce la version chantée
à Saint-Liguori qui est la plus fidèle
à l'originale ou celle de Saint-Côme ?
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La
question ne peut pas réellement se poser puisque
personne ne peut trancher et attribuer à un
musicien en particulier la paternité de telle
ou telle pièce.
N'est-ce
pas là un bon exemple de ce que l'on appelle
aujourd'hui le patrimoine vivant : la
mémoire d'un peuple qui se nourrit d'un passé
en s'abreuvant aux courants présents ?
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Mario
Forest, ex-musicien de la Bottine Souriante et directeur
du Festival Mémoire et Racines
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Mario
Forest, l'actuel directeur du Festival Mémoire
et Racines, raconte :
Certains
reprochaient au violoneux Pitou Boudreault de
jouer tout croche, jouant 19 mesures là
où il en aurait fallu 16. Ils suggéraient
de redresser cela. Mais lui, quand il jouait
le Brandy des Vaillancourt et qu'il voyait sa
tante un peu grosse exécuter une figure,
il savait qu'elle se déplaçait
plus lentement que les autres et qu'il devait
ajouter quelques mesures pour lui permettre
de terminer. C'est ça qu'on appelle de
la musique au service de la danse
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