Alfred Beaudry

  Alfred Beaudry a 86 ans en 2001 et il joue encore du violon. Pas avec la même intensité toutefois que lorsqu'il avait 20 ans et qu'il pouvait pratiquer jusqu'à trois heures d'affilée pour le simple plaisir.

Il y a peu de musique dans sa famille, même si deux de ses frères touchent le violon. Les veillées ne se passent pas chez lui, mais chez des voisins à Saint-Alphonse.

       
Il apprend seul en écoutant les vieux des alentours et des enregistrements sur le gramophone familial. Pendant 15 ans, il prend part à des soirées, d'abord en compagnie de deux ou trois autres musiciens de la paroisse, puis seul durant cinq ou six ans, jouant de huit heures du soir à six heures du matin.      
   

Embauché comme bûcheron à la fin des années 1940, Alfred Beaudry joue dans les chantiers

       

Alfred Beaudry

   

« Quand on est jeune, c'est pas ben ben fatigant ! »

Embauché comme bûcheron à la fin des années 1940, Alfred Beaudry joue dans les chantiers - le samedi soir seulement, car le reste de la semaine, le coucher est à 9 h 00 - sur le violon qu'on y trouve généralement.

Il n'achètera son propre instrument qu'à l'âge de soixante ans, alors qu'il se remet à la pratique de la musique après 25 ans d'interruption. C'est le cas de nombreux musiciens qui, avec le travail et la famille, ne trouvent plus guère le temps à consacrer à ce loisir.

 

Le temps des sucres.

 

Pendant le Temps des Fêtes, il lui arrive de participer à des soirées presque quotidiennement durant 15 jours, voire trois semaines. Mais il n'y a pas qu'à cette époque de l'année où l'on danse. L'été, il descend des chantiers et on l'invite pour faire danser les gens du village.

       

Le mot se passe alors discrètement sur le parvis de l'église, après la messe et à l'insu du curé qui ne voit pas d'un bon œil… Puis, finalement, les périodes d'avant le carême et d'après Pâques sont aussi des moments propices à ce genre de réjouissances.

Alfred Beaudry aime ces rencontres au cours desquelles il fait la connaissance de bons musiciens comme Tito Beaudry et Hector Lepage, de Saint-Côme, et de qui il apprend.

« On écoute jouer et on copie. »

   

 

 

Amateur de danse, il se rend aux soirées organisées par l'Association Folklorique de Lanaudière et se laisse avec le temps convaincre d'apporter avec lui son violon.

Malgré sa méconnaissance des reels joués par les autres musiciens, ça ne l'empêche pas toutefois de danser et d'apprendre de nouveaux pas, précise Alfred Beaudry.

       

Je ne joue toujours pas beaucoup avec d'autres. Au début, parce que j'avais peur de me tromper, puis maintenant parce que je ne connais pas un grand répertoire et que ce ne sont pas les même reels que les autres musiciens connaissent.

Alfred Beaudry

   
À l'époque de ses trente ans, Alfred Beaudry pouvait interpréter une douzaine de gigues et de reels. Aujourd'hui, il en a oublié la moitié. Il aimerait bien se les rappeler, mais surtout apprendre au moins une valse, une danse qui ne se pratiquait pas chez lui dans son temps. Il a rencontré un monsieur de 68 ans de Saint-Alphonse qui serait disposé à lui en montrer une, mais l'occasion ne se présente jamais. Peut-être un jour…