Le violoneux Bernard Brisson.

 

Dès l'âge de 11 ans, Bernard Brisson commence son apprentissage du violon sur l'instrument de son père, mais à l'insu de ce dernier qui le trouve encore trop jeune.

Mais lorsque le père s'aperçoit que son fils a la piqûre, il lui offre de suivre des cours. Le jeune garçon est cependant trop timide pour recevoir son enseignement de professeurs féminins, les seuls à offrir ces services à proximité. Il apprend donc en observant des violoneux dans sa famille - sa grand-mère et son oncle touchent le violon - ou lors de soirées auxquelles il assiste.

       
       

À 16 ans, il devient le violoneux du rang, puis du village (Saint-Jacques). Pendant deux ans, il sera le seul à animer les veillées jusqu'aux petites heures du matin. Puis il trouve un guitariste, Roland Dupras, aujourd'hui décédé, qui l'accompagnera de longues années dans les soirées et les noces. Il joue pour la danse et on lui reconnaît très vite un talent particulier pour faire « swinguer la compagnie ».

   

Petit gars, je pouvais passer des heures à écouter et regarder des violoneux jouer.

Il apprend un vaste répertoire qu'il entend, entre autres, à la radio et qui ne cessera de s'accroître jusqu'à son mariage. Il cesse ensuite ses activités, ne jouant plus qu'en famille à Noël et au Jour de l'An.

 

Dès la fondation de l'Association folklorique de Lanaudière en 1989, il participe aux mini-galas que celle-ci organise. Rapidement, avec la complicité des autres musiciens, il retrouve en grande partie le répertoire (200 pièces) enfoui dans sa mémoire. Et il apprend de nouveaux reels, des gigues et même des valses, un style totalement absent du temps de sa jeunesse.

Il se rend également dans d'autres régions pour la compagnie des musiciens, pour le plaisir d'apprendre et de montrer ce qu'il connaît aux autres.

       

En plus de ramener de ces excursions des reels tel le Reel des moissonneurs (Fleurimont), il réalise que des pièces ne sont pas jouées de la même manière partout ou ne portent pas toujours le même nom.

Il est conscient de la richesse qu'il porte en lui et de l'héritage qu'il a reçu de sa grand-mère et de son oncle, notamment, et il est fier d'être un porteur de tradition. Une tradition qu'il désire transmettre à ses enfants. Comme ses violons qu'il collectionne et qu'il leur lèguera un jour.