Danielle Martineau est née à Québec, mais c'est dans Lanaudière qu'elle décide de venir poursuivre son travail, là où elle connaît déjà tous ceux qui, à ses dires, font de la région le coin le plus riche de la province dans le domaine de la musique traditionnelle.

Immergée tôt dans l'univers classique - elle suit sa formation au Conservatoire de Québec - baignée jeune dans la culture rock, elle n'avait rien dans ses bagages qui puisse la conduire tout naturellement vers la musique traditionnelle. Et pourtant…

Le groupe Joséphine et le Rockabayou, avec Danielle Martineau.

 

À ses dires, Lanaudière est le coin le plus riche de la province dans le domaine de la musique traditionnelle.

   
     
     

Peut-être parce que la musique traditionnelle puise ses sources dans la mémoire et les racines de l’être humain, elle commence à se consacrer à la danse traditionnelle – elle fonde les Danseries de Québec – puis à la musique d’inspiration cajun – Joséphine et Rockabayou – et, finalement, à toute cette musique qui puise dans la tradition – Dam’déridé et Les Crapaudes.

À ses premiers contacts avec le milieu traditionnel, elle est frappée par la générosité des gens. Voilà pourquoi aujourd’hui, elle tente de leur rendre hommage et de mettre en valeur toutes ces belles personnes qui chantent et dansent. Elle utilise tous les moyens dont elle dispose pour exprimer son engagement, qu’il s’agisse d’interprétation ou de diffusion.

Les Crapaudes, avec Lisan Hébert (à gauche) et Danielle Martineau.
     
   

Quand je vois des gens de 70 ou de 80 ans qui dansent, je les trouve beaux. Il me semble qu’il ne peut en être autrement. Ils sont harmonieux sans se dénaturer. […] Je suis dans un domaine où l’art est dans chaque personne, du moins chez ceux qui ont eu la chance de pouvoir le recevoir par transmission traditionnelle.

     

 

Le groupe Dam'Déridé, au Festival Mémoire et Racines, en 1998.

   

Danielle Martineau n’a jamais imaginé vivre autrement qu’en exerçant une activité de création. Elle a également toujours voulu être chanteuse. Artiste et musicienne - avec une prédilection pour l’accordéon - elle est devenue. Chanteuse, elle l’est tout autant.

Qui plus est, elle est curieuse et se pose un tas de questions. Elle pensait au début pouvoir trouver des réponses facilement, mais, dira-t-elle, il n’y a pas de réponses faciles. Il ne lui reste donc plus qu’une seule chose à faire  pour assouvir sa soif, y aller progressivement en posant des questions et en rencontrant les gens. Alors elle fouille, explore, remonte aux sources et tente d’expliquer ou plutôt de comprendre.

       

C’est fascinant! La musique c’est de l’enchantement. Si ça te touche, t’es faite (grand éclat de rire), tu as envie d’en savoir plus. Alors tu cherches! On devient des bêtes chercheuses.

D. Martineau, entrevue avec Rémy Daudelin, 2000

 

   

Le travail de Danielle Martineau est diversifié, mais toujours relié à la musique traditionnelle. Elle est continuellement en quête de partenaires, de gens avec qui elle pourra s’associer et avec lesquels elle concevra de nouveaux projets.

Des projets qui commencent tous par une phase de recherche et de fouille et qui se terminent généralement avec un spectacle, un disque ou encore une publication comme ce sera le cas pour la réalisation de la Bibliographie du patrimoine vivant dans Lanaudière.

       

Auparavant, elle aura terminé un autre projet en collaboration avec la radio de Radio-Canada concernant les archives de Marius Barbeau, le premier anthropologue au Canada. Le projet a déjà fait l’objet d’un concert diffusé sur les ondes de la radio d’état et d’un disque, le premier de trois, qui devrait paraître vraisemblablement à l’automne 2002.

       

Un portrait de la chanson
d'il y a plus de 80 ans
• Une collection de trois disques
   
• Projet de bibliographie
• Un premier recensement
• Un disque pour illustrer les collectes sonores

 

 

Forte de ses expériences passées, elle réalise que l’on peut essayer de comprendre, mais que l’on ne doit pas avoir la prétention de tout expliquer de manière rationnelle. Dans un an peut-être, croit-elle, après avoir terminé la bibliographie du patrimoine vivant lanaudois, il sera sans doute davantage possible de répondre à quelques questions.

     
   

Comment comprend-elle aujourd’hui cette effervescence de la musique traditionnelle dans la région? Elle constate qu’il y a effectivement dans Lanaudière une vitalité particulière, mais aucune interprétation logique cherchant à l’expliquer ne la convainc. Selon elle, la situation que nous avons connue ici, notamment concernant la présence des Acadiens et des cultures anglo-saxonnes, n’est pas exclusive à la région et ne saurait donc à elle seule justifier le dynamisme que nous connaissons ici. Elle estime qu’il faudra encore effectuer beaucoup d’entrevues et d’enquêtes avant de pouvoir arriver à des conclusions scientifiques.

     
Pour le moment, elle se contente donc d’observer et de noter que la région s’affirme et s’identifie davantage qu’ailleurs à tout ce qui a trait à la musique traditionnelle et qu’elle en tire une fierté certaine. Elle souligne l’énorme contribution de la Bottine Souriante à ce phénomène d’affirmation. La Bottine a permis à de nombreux artistes de profiter de cette reconnaissance, acquise ici et à l’étranger, dont la musique traditionnelle avait besoin pour manifester sa présence au grand jour.    
     
   
Elle constate que ce bouillonnement de culture traditionnelle a attiré de nouveaux artistes, lesquels ont enrichi un noyau déjà passablement fort.
     

 

Danielle Martineau s’est installée dans Lanaudière attirée par son dynamisme au plan de la musique traditionnelle. Depuis lors, elle n’a eu qu’un seul désir, participer à son développement. Elle s’est donc engagée, tant sur le plan de la musique que de la recherche, à faire évoluer les choses. Elle le fait à sa manière, doucement et discrètement, mais avec beaucoup de conviction et de passion. Ses divers enregistrements témoignent d’ailleurs avec éloquence de cet engagement.

   
D. Martineau

 

     

Je ne pourrais être satisfaite sans avoir fait le tour de toutes les possibilités. C'est important pour moi d'exploiter les différentes alternatives et de choisir ce que je considère le plus important.

Danielle Martineau, 1995