Archives de la Bottine Souriante, dans les années 1970.

 

 

Proclamée en 1997 par le magazine américain Dirty Linen « The best band in the world », La Bottine Souriante a parcouru bien du chemin depuis sa naissance dans Lanaudière, il y a 25 ans, soit en 1976.

Au départ, le trio formé de Mario Forest, André Marchand et Yves Lambert se produit à la boîte à chansons de la Montagne Coupée (Saint-Jean-de-Matha) puis à Québec où une chimie toute particulière opère son charme.

 

 
       

Rapidement, le groupe grandit en s'adjoignant de nouveaux membres : Gilles Cantin, Pierre Laporte et Jacques Landry. La première mouture de la Bottine Souriante vient de voir le jour et elle s'engage résolument dans la voie de la musique traditionnelle, sous l'influence de Laurent Marchand qui a fait voir aux musiciens l'importance de la tradition

   

 

 

 

     

La Bottine veut avant tout faire la fête et avoir du plaisir. Point de vision de développement et encore moins de plan de carrière.

 

   
Le Rêve du Diable et Alan Stivel, entre autres, marqueront les premiers pas de la formation. Ils feront naître chez les musiciens de la Bottine le désir d'apprendre des airs, d'acquérir du répertoire et d'aller à la rencontre des anciens en quête de nouvelles chansons. Références bien éloignées de l'émission Soirée canadienne présentée alors à la télévision et qui semblait bien « pépère » aux yeux et aux oreilles du jeune Mario Forest.

 

 

 

 

Bien vite cependant, le vent tourne et les données de départ se transforment. Le groupe a à peine un an et demi qu'une proposition de disque est mise sur la table.

Ainsi paraîtra en 1978, Y a ben du changement, titre prémonitoire pour le groupe qui verra alors son avenir bouleversé. Le disque se vend à plus de 50,000 exemplaires, la visibilité augmente, les cachets également. Il s'ensuit une participation au Festival d'été de Québec, puis deux tournées en Europe en l'espace de quelques mois. Le décollage est rapide et voilà la Bottine avec le vent dans les voiles.

       

De quoi en étonner plusieurs, à commencer par les musiciens du groupe qui ne sont pas prêt à absorber un tel choc. Qui plus est, le fait de ne jouer que durant la période estivale et à l'occasion du Temps des Fêtes ne favorise en rien l'unité au sein de la formation, entraînant un fort roulement de personnel, notamment, les premières années.

   

     
Si l'on dit dès le départ que la Bottine a du caractère, que dire de ses membres qui ont chacun à leur manière des qualités de chef ? De quoi rendre bien difficile la cohésion entre les musiciens ! Seule la passion commune pour la musique permettra à la Bottine de poursuivre sa route vers le succès.
   

Seule la passion commune pour la musique permettra à la Bottine de poursuivre sa route vers le succès.

   
   

 

 

L'histoire d'amour entre les Québécois et la musique traditionnelle prend fin avec le début des années 1980. Soudainement, cette musique devient dépassée et ceux qui la font sont alors qualifiés de « granolas ». Cette perception ne dérange pas trop les musiciens et n'influence pas les choix esthétiques qu'ils ont faits. Ils voient dans cet engouement passé l'effet d'une mode.

La Bottine, pour survivre, doit tout de même se tourner vers le reste du Canada, les États-Unis et l'Europe.

     

 

De tournées en tournées, elle conquiert de nouveaux marchés, gagne de nombreux adeptes et fait la rencontre de tous ces musiciens de partout dans le monde qui fréquentent les festivals « Roots and Traditional ».
   

Sur la scène internationale, elle ravit un public de connaisseurs et est encensée par la critique.

 

 

À côtoyer de nouvelles cultures et des musiciens d'univers différents qui partagent néanmoins les mêmes mentalités, une ouverture à l'exotisme d'autres musiques s'opère. De nouveaux arrangements et des adaptations neuves en résultent. Ce qui fera dire à Yves Lambert que la Bottine a rapporté de ses voyages la mode du « world beat ».

La notion de métissage n'est cependant pas neuve dans la démarche du groupe. Depuis le tout début, la Bottine a fait évoluer la musique traditionnelle en jouxtant chanson et musique, par exemple, en intégrant des instruments inusités, tel la flûte, puis, dès la fin des années 1980, en ajoutant une section de cuivres à la formation.

       

Avec l'emprunt de styles musicaux comme le jazz, la salsa et les rythmes celtiques, la Bottine prend un tournant plus marqué, plus visible qui la conduit à une musicalité très vingt-et-unième siècle.

   

La Bottine a rapporté de ses voyages la mode du « world beat ».

       

Yves Lambert.

 

Comme la musique traditionnelle, la Bottine n'est pas statique. Elle évolue au rythme de son temps, c'est à dire rapidement. À ses racines, elle reste cependant attachée et c'est en elles qu'elle continue de puiser.

N'oublions pas que la Bottine s'est donné le mandat de diffuser le répertoire de la musique traditionnelle québécoise de manière vivante. Elle désire actualiser le patrimoine et ainsi éliminer le plus possible le fossé entre l'ancien temps et maintenant.

 

Pour elle-même rester vivante et passer au travers des années de vache maigre que représente la période 1980-1986, la Bottine se donne des moyens. En 1987, elle crée sa propre étiquette. Puis en 1991, elle devient une entreprise autogérée et fonde les Productions Mille-Pattes.

Elle s'entoure d'une équipe qui lui permet d'avoir un contrôle complet sur toute sa production et ainsi de pouvoir négocier avec qui elle veut partout dans le monde. En un mot, elle est devenue avec les années indépendante.

   

   
• Une entreprise de production
• Trois collections

 

   

Portée par son amour de la musique, par son désir de transmettre cette passion, supportée par de nombreux amateurs, entourée d'amis qui croient en elle, mais surtout formée de musiciens déterminés et à la tête dure, la Bottine est parvenue à sortir la musique traditionnelle de la cuisine.

Elle réussit à percer le marché de Montréal en 1993, notamment, avec son spectacle de la Saint-Jean-Baptiste devant 80 000 personnes et sa participation au gala des Gémeaux et aux célébrations du 25e anniversaire de Radio-Québec.

La même année, elle vend 100,000 exemplaires de son album La Mistrine. Finalement, elle arrive à faire ce qu'aucune autre formation de musique traditionnelle n'avait jusqu'alors réussi : devenir un groupe populaire.

     
       
Elle a vendu plus de 500,000 albums, au Québec seulement, donné plus de deux mille spectacles un peu partout dans le monde, gagné des douzaines de prix (Juno, Félix et autres) et est parvenue à se tailler une place enviable sur le marché international.

 

L'influence de la Bottine Souriante a été déterminante pour tout le milieu de la musique traditionnelle tant dans la région que dans l'ensemble du Québec. Un précurseur dans son domaine !

Elle a permis d'ouvrir des portes, de briser les barrières de styles, de sortir des frontières où les musiciens de la tradition étaient confinés et de devenir pour nombre d'entre eux un exemple et une référence.

   

       

   
En agissant comme un catalyseur, elle a permis à la musique traditionnelle de s'affirmer ici, et à la région, de développer une fierté toute lanaudoise. Il s'agit maintenant de parler de musique traditionnelle au Québec pour qu'automatiquement un nom vienne à la bouche de tout le monde : La Bottine Souriante.

 

Y a ben du changement pour en arriver à Je voudrais changer d'chapeau. Il y en a encore eu beaucoup avant de parvenir Jusqu'aux p'tites heures à Xième et à la formation actuelle qui compte neufs musiciens.    

Régent Archambault
à la contrebasse folklorique et à la basse électrique;

Pierre Belisle
au piano, à l'accordéon-piano et aux percussions;

       

La formation actuelle, en 2001.

   
les solistes
Michel Bordeleau
au tapement de pieds, à la mandoline, au violon et à la guitare ;

Yves Lambert
chanteur principal, à l'accordéon diatonique, à l'harmonica et à la guimbarde;

André Brunet
au violon et parfois à la guitare;

Jean Fréchette
l'arrangeur jazzé des cuivres, au saxophone, au flageolet et à la clarinette;

 

     
   

une section de cuivres comptant :

Robert Bob Ellis
au trombone basse et aux cocos

André Verreault
au trombone

Jocelyn Lapointe
à la trompette.

   

 

L'année 2001 marque le 25e anniversaire de la Bottine Souriante. Deux événements majeurs viennent souligner ces célébrations. D'abord, un spectacle unique, conçu spécialement pour l'occasion, auquel participent d'anciens membres du groupe, a été présenté sur la scène du Festival Mémoire et Racines le 28 juillet de cette année. Puis le lancement du onzième album de la formation, intitulé Cordial, qui aura lieu en septembre.

Et comme si ce n'était pas assez… Et comme s'il fallait que la fête se continue toute l'année, une anthologie des 25 ans de la Bottine sortira sur le marché au mois d'octobre. Elle comprendra dix-neuf pièces dont deux nouvelles versions et un medley inédit.

Après 25 ans d'existence, nous pouvons dire que la Bottine Souriante est devenue une incontournable dans le domaine de la musique au Québec. Peut-être pour la bonne et simple raison qu'elle est unique au monde !

   

       

 

2001 - La Bottine Souriante, en spectacle à Mémoire et Racines, fête ses vingt-cinq ans dans une atmosphère endiablée !