Le groupe Turlure, vers 1976.

 

« Nos airs ressemblent à ce que nos aïeuls pouvaient entendre, mais il y a un p’tit quelque chose qui nous dit à l’oreille que c’est de la musique bien d’aujourd’hui. »

 
 
Nous pouvions lire cette phrase en 1976 dans le cahier de présentation du groupe Turlure formé alors de Johanne Saint-Georges (piano, accordéon et voix), Michel Verdon (violon, guitare et harmonica) et Robert Jourdain (guitare et voix) qui cédera bientôt sa place à Jean-Claude Mirandette (guitare, mandoline et voix).
     
     

Jean-Claude Mirandette.

La formation a vraiment pris son envol suite à la rencontre des dix-sept musiciens de la région réunis pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste à Joliette et à la Montagne Coupée de Saint-Jean-de-Matha.

Cet événement donne lieu à la naissance d’un autre groupe : la Bottine Souriante. D’ailleurs toute cette période (été 1976) est marquée d’un bouillonnement particulier qui aura certainement une influence sur le développement de la musique traditionnelle dans la région

   

 

« Nous on aime transmettre au monde nos émotions et nos saisons. C’est pour ça qu’on compose des chansons et des musiques qui nous ressemblent et qui ressemblent à notre terre. »

 

  C’est en ces termes que les musiciens de Turlure exprimaient leur approche à leur début. Près de la moitié du répertoire du groupe était effectivement constitué de compositions écrites dans l’esprit de la tradition et inspirées par la Matawinie, région natale de Johanne Saint-Georges et Jean-Claude Mirandette.
     
       

La Matawinie, territoire de lacs et de forêts, dans la partie nord de Lanaudière.

   
Pendant cinq ans, Turlure se produit dans Lanaudière, à Montréal et dans le reste du Québec, principalement durant la saison estivale. Le violoneux Rémi Laporte rejoint le groupe au début des années 1980. Deux tournées, l’une en France et en Suisse et l’autre au Mexique, seront entreprises au cours des deux dernières années d’existence de la formation. Turlure mettra fin à ses activités en 1981.
 
     

Le groupe Souvenance.

Johanne Saint-Georges se consacrera par la suite à l’enseignement de la musique et continuera de présenter des spectacles (chant et harpe celtique).

Jean-Claude Mirandette parcourra le Québec en présentant dans les écoles des ateliers de musique et de chansons traditionnelles tout en étant actif au sein de plusieurs formations : Les Frères Labri, OJNAB et les Charbonniers de l’enfer. Michel Verdon optera pour une carrière solo en tant que chansonnier-animateur. Quant à Rémi Laporte, il collaborera à différents groupes dont Guignolée et La Souvenance traditionnelle.