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On
se regroupe et on se rassemble. Voilà de quoi
expliquer, du moins en partie, le retour progressif
mais en force de la musique traditionnelle au début
des années 1990.
La tradition a beau s'endormir durant un certain temps,
jamais elle ne s'éteint. Elle est inscrite dans
nos gènes, dans notre mémoire et dans
nos racines. Et puis les nombreux regroupements et associations
nés au cours des dix dernières années
ont fait leur chemin et on commence à récolter
le fruit de leur travail.
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Dépliant
du Réseau des festivals en patrimoine vivant.
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Site
internet du Centre de valorisation du patrimoine vivant,
qui a pris la relève des Danseries de Québec,
fondée par Danielle Martineau.
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La
Société pour la promotion de la danse
traditionnelle québécoise tient régulièrement
des activités folkloriques.
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Nous
pensons ici aux Danseries de Québec fondée
par Danielle
Martineau et qui donnera naissance quelques années
plus tard au Centre
de valorisation du patrimoine vivant (CVPV), à
la Société pour la promotion de la danse
traditionnelle québécoise (SPPDQ), à
l'Association québécoise des loisirs folkloriques
(AQLF) et, dans la région, à l'Association
folklorique de Lanaudière (AFL), formée
en 1989, et à l'Association québécoise
des loisirs folkloriques de la Rive Nord (l'AQLF
Rive Nord) fondée l'année suivante.
Ces deux dernières sont affiliées à
l'AQLF et jouent un rôle de sensibilisation dans
leurs communautés.
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L'AFL
à Mémoire et Racines, en 2000
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Fondation et objectifs
Une présence soutenue depuis douze ans
Des activités variées
Des initiatives personnelles de ses membres
Un souhait : rejoindre les jeunes
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L'AFL
et l'AQLF Rive Nord ont permis à des musiciens
de se réunir sur une base régulière
tant à Joliette qu'à Terrebonne pour jouer
ensemble et apprendre à uniformiser leur jeu,
pendant que d'autres amateurs se remettent à
l'étude des pas et partagent en groupe le plaisir
de danser.
Ces
soirées réunissent parfois des centaines
de personnes qui repartent dans leur village prêtes
à communiquer à d'autres leur nouveau
savoir.
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Association de loisirs folkloriques
Des activités régulières
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Messe folklorique avec le choeur Les Semeurs de joie.
La messe folklorique
Une soirée sous le signe de la ferveur
et de la chaleur
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Parce
que tout le monde ne peut se déplacer vers
ces pôles, ce sont des membres de ces associations
qui iront dans les paroisses initier des vieux comme
des moins vieux à la tradition. Parce que l'on
ne fait pas que danser, on apprend le pourquoi et
le comment d'une culture avec laquelle on a parfois
perdu contact.
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| Comme
ces rencontres n'attirent pas un grand nombre de jeunes,
on organise des ateliers à l'intention des enfants
dans les écoles primaires et à l'occasion
au niveau secondaire. Plusieurs dizaines d'établissements
sont visités les bonnes années. Mais ce
n'est pas suffisant pour attirer des jeunes aux activités
des associations ou les mêler aux plus de cinquante
ans lors de sessions d'improvisation. |
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Guy
Bouchard, sur le site de Mémoire et Racines
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D'aucun
diront, comme Guy
Bouchard, un musicien-intervenant, que le défi
des prochaines années devra se faire sur le terrain
de l'éducation : intégrer à
l'enseignement dans les écoles l'initiation aux
arts traditionnels et à la tradition, au même
titre que l'histoire, par exemple.
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Le
défi des prochaines années devra
se faire sur le terrain de l'éducation :
intégrer à l'enseignement dans
les écoles l'initiation aux arts traditionnels
et à la tradition.
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Le
groupe Baqqhus.
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Les
années 1990 amènent la naissance d'une
nouvelle génération de groupes formés
de jeunes musiciens comme la Galvaude
et Baqqhus
ou de plus chevronnés, tel Hommage
aux aînés ; certains présentent
un esprit plus traditionnel, Légende
et la Souvenance
traditionnelle en sont de bons exemples, alors que
d'autres s'inspirent de divers styles musicaux, tel
La
Vesse du Loup.
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Il
y a même Guignolée
qui se paye un Retour (titre de leur disque
paru en 1994) après plusieurs années d'interruption.
La formation comprend d'anciens membres de la Bottine
et de musiciens gravitant autour de celle-ci (Gilles
et Jean Cantin, Pierre et Rémi Laporte, Luc Loyer
et Raynald Dupras).
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Des voisins de Saint-Liguori
Une présence soutenue
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Le
groupe Légende.
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La
troupe de danse traditionnelle Les
Petits Pas Jacadiens donnera naissance
tour à tour à deux groupes qui l'accompagnent
en spectacle et en tournées et qui se détacheront
de celle-ci pour devenir des formations autonomes.
Nous
parlons ici de Chasse-Galerie
fondée en 1987 par Robert Jourdain (Les Cailloux
et Turlure) et de La
Volée d'Castors (1993). Quand on dit que
la musique est intimement liée à la
danse, en voilà un bon exemple !
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Dam'Déridé,
un ensemble polyphonique de quatorze voix de femmes.
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Les
frères Brunet.
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| On
compte aussi Ni
Sarpe ni Branche ; Norouet,
un trio composé d'anciens membres de la Galvaude
; le duo Mirandette-Roy
; Entourloupe
dont tous les membres ne résident pas dans la région,
mais qui y sont tous attachés ; Les
Frères Brunet, un autre exemple où des
membres d'une même famille se réunissent,
Le
Grand Remous et d'autres encore qui réunissent
souvent des étudiants du Cégep de Joliette
à l'occasion d'un ou de quelques spectacles. |
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Le
musicien et conteur Jacques Landry.
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Tous
les musiciens ne se produisent pas en groupe ou exclusivement
dans ce cadre. Ainsi Jacques
Landry, après avoir participé à
la Bottine
Souriante et à Manigance,
a-t-il pris la route en solitaire, celle d'ici comme
celle d'Europe, et s'est spécialisé dans
le conte auquel il mêle histoires, turluttes et
musique de notre patrimoine.
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Jean-Claude
Mirandette.
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On
pense à Jean-Claude
Mirandette qui se présente dans les écoles
accompagné de ses seuls instruments ;
à Yves
Lambert qui est parti en vacances sans ses compagnons
de voyage et en a ramené disque et spectacle,
Les
Vacances de M. Lambert ; à Jean-François
Bélanger, qui parallèlement à
ses études en médecine, parvient à
produire trois disques : Cap-aux-Sorciers
, Avant la dérive et Les mauvais conseils, entouré de
musiciens invités ; ainsi qu'à de nombreux
autres qui, le temps d'une tournée ou d'un
festival, délaissent leur formation habituelle
et se produisent sous leur propre nom.
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Le
trio Marchand-Miron-Ornstein.
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Certains
musiciens jouent ensemble de façon régulière
alors que d'autres se réunissent le temps d'une
série de spectacles ou lors de l'enregistrement
d'un disque. Il n'est pas rare que l'on retrouve le
même musicien au sein de formations différentes.
C'est
le cas d'André
Marchand (ex-membre de la Bottine et Les Frères
Labri) qui fait partie des Charbonniers
de l'enfer et du trio Marchand-Miron-Ornstein,
de Jean-Claude
Mirandette, également membre des Charbonniers,
mais aussi de Ojnab
et il en est ainsi pour de nombreux autres.
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En
fait, il est difficile de définir un groupe en
se référant à sa composition tellement
celle-ci fluctue au gré des années et
des événements. Nous n'avons qu'à
prendre pour exemple le cas de la Bottine
Souriante qui a accueilli dans ses rangs depuis
sa naissance assez de musiciens pour former six ou sept
groupes.
Une
des raisons qui explique ce fait est la quantité
de bons musiciens réunis sur un même territoire
et la passion commune qui les caractérise. Ainsi
tout le monde se retrouve un jour ou l'autre à
partager une même scène ou à être
invité à collaborer à un enregistrement.
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Atelier
hommage à Louis Pitou Boudreault,
au festival Mémoire et Racines, 2001.
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Dans
la plupart des cas, les groupes ne sont pas des cellules
fermées vouées à vivre repliées
sur elles-mêmes. Les musiciens de la région
se connaissent, se fréquentent, se respectent
et ce, malgré les différences. Ils forment
une grande famille qui aime se retrouver et échanger.
Le
milieu est convivial et invite davantage à
la mise en commun qu'à la compétition.
Et c'est pour cet esprit et cette proximité
que l'on vient de l'extérieur de la région
pour venir s'installer ici. C'est le cas notamment
de Danielle
Martineau et de Claude
Méthé.
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Cette
effervescence se fait sentir non seulement chez les
musiciens, mais également dans le public et dans
la population en général qui voit grandir
cette affirmation de la tradition sur son territoire.
L'effet
est contagieux : plus la musique traditionnelle
s'impose, plus les gens ressentent le goût d'en
faire, d'en écouter et de participer à
ce mouvement. On est de plus en plus fier d'afficher
son appartenance à une région qui se démarque
toujours davantage sur le plan de la musique traditionnelle.
Et plus on le fera, plus le rayonnement grandira.
La
présence d'un important contingent de musiciens
et de groupes incitent les artistes à se démarquer,
à faire preuve de créativité et
à développer leur personnalité.
Ils deviennent donc plus audacieux, plus originaux.
Ils multiplient alors les styles, favorisent de nouveaux
métissages, partent à la recherche de
répertoires peu connus
et séduisent
un nouveau public. Un public de jeunes.
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Quelques membres du Fun club de la Bottine
Souriante.
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Mario
Forest, directeur de Mémoire et Racines.
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L'explosion
de la musique traditionnelle au début des années
1990 peut s'expliquer en partie par l'arrivée
d'un nouveau public composé principalement de
jeunes.
Des
jeunes qui posent un regard neuf sur cette musique et
qui ne sont pas habités par les préjugés
des générations précédentes.
Ils
sont prêts à accueillir la musique traditionnelle
comme une musique au même titre qu'une autre et
non plus comme du « folklore ».
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Le
fait que des jeunes de 17 et 18 ans invitent la
Bottine Souriante
[en 1986] nous a semblé révélateur
et annonciateur d'un vent de changement. Nous
sentions qu'une nouvelle génération
plus ouverte faisait son arrivée et que
les choses n'allaient plus être pareilles.
L'accueil fut d'ailleurs enthousiaste : une
vraie fureur parmi les étudiants.
Mario
Forest
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Naissance d'un festival
Le partage d'expériences et de répertoires
Plus qu'un festival
Des orientations
À venir : fêtes au village et classes
de maître
La collecte de chansons, contes et musiques
Un avenir à consolider
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Mario
Forest, ancien membre de la Bottine et actuel directeur
du Festival Mémoire et Racines, voit un signe
que les choses sont en train de changer lorsque l'Association
des étudiants du Cégep de Joliette décide
d'inviter, en 1986, la Bottine Souriante à
son party de fin d'année.
L'impression
ressentie alors par le milieu entourant la Bottine
semble s'avérer juste puisque quelques années
plus tard, une effervescence peu commune commence
à se manifester dans la région et dans
toute la province.
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L'ensemble
Traky, musique bulgare.
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L'entrée
en scène de groupes formés de jeunes
musiciens attire un public composé principalement
de spectateurs dans la vingtaine qui s'identifient
à ces derniers et se reconnaissent en eux.
Ils
sont touchés par cette musique qui swingue
et par des arrangements originaux remplis de nouvelles
idées et influencés par des courants
musicaux actuels (jazz et rock).
Les
sonorités modernes, les instruments électriques
et le métissage des styles convainquent le
public que la musique traditionnelle sait évoluer
avec son temps en devenant, du coup, attrayante.
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Danse
au Festival Mémoire et Racines, 2000.
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