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Une
partie du site du festival, en 2001, à Saint-Charles-Borromée.
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Bien
que la première édition du Festival Mémoire
et Racines n'ait eu lieu qu'à l'été 1995,
l'idée d'une telle manifestation germait depuis des
années dans l'esprit de plusieurs musiciens gravitant
autour de la Bottine
Souriante.
Depuis
que la formation a parcouru le Canada et les Etats-Unis pour
se produire dans de très nombreux festivals, le projet
d'organiser dans la région un événement
s'en inspirant, mais avec sa couleur propre, ne cesse d'occuper
l'imagination de ces musiciens.
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Il
existe bien sûr d'autres regroupements, manifestations
et festivals dans la province : Le Festival international
des arts de la scène (FIAT), le Carrefour mondial
de l'accordéon à Montmagny, les Veillées
du Plateau et la Grande Rencontre organisées par
la Société pour la promotion de la danse traditionnelle
québécoise etc., mais rien qui ne ressemblera
au Festival Mémoire et Racines.
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Concerts
en après-midi sous la tente. |
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Atelier
de violon avec Lisa
Ornstein, en 2001.
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L'organisme
voit le jour en 1994 grâce au travail de Mario Forest
et de musiciens de l'entourage de la Bottine qui désirent
un festival différent résultant d'un métissage
des modèles canadiens-anglais, américains et
européens.
Depuis
ses débuts, le Festival présente des spectacles
en soirée sur une grande scène et des ateliers
ainsi que des concerts acoustiques durant la journée
sous des abris pouvant accueillir de 100 à 150 spectateurs.
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Cette
approche intimiste des rencontres d'après-midi permet
à des musiciens de différentes formations et
de provenances diverses de jouer ensemble, de partager expériences
et répertoires et d'échanger directement avec
le public. Le tout, de manière spontanée, détendue
et improvisée.
Mémoire
et Racines a pour mission de :
«
encourager et de mettre en valeur, surtout par des artistes
professionnels, les arts traditionnels tels que la chanson,
la musique, la danse, le conte ainsi que toutes les autres
formes d'expression issues du patrimoine vivant national,
et de les rendre accessible à tous les publics. »
La
corporation a aussi pour objectif de « favoriser
le regroupement des forces vives du patrimoine ».
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Lisan
Hubert, debout, membre des Crapaudes,
lors de l'atelier de « Chansons sur le vin ».
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Mémoire
et Racines est un regroupement (350 membres), une structure
qui vise à rassembler et à créer un réseau
de gens partageant une passion commune.
Il
met l'accent sur des rencontres à échelle humaine
où la priorité est donnée au sens de
la fête davantage qu'à la question d'argent.
En ce sens, elle respecte les valeurs, l'esprit et les traditions
de cette culture qu'elle met en valeur et cherche à
transmettre.
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En
plus des sept éditions du festival, l'organisme a présenté
des spectacles en saison, tenu des sessions de musique, produit
trois compilations souvenir des six premières éditions
et organisé une exposition itinérante de photos
prises lors du festival. |
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L'ensemble
japonais
Arashi Daiko, au festival, en 2000.
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Le
Festival s'efforce à chaque année d'inviter
des artistes qui présentent les traditions d'ici et
d'ailleurs en provenance des différentes régions
du Québec, du Canada, des États-Unis et d'Europe.
Il a à cur également de faire une place
aux musiciens et chanteurs de la région.
Même
s'il est défini dans sa mission que le Festival convie
« surtout des artistes professionnels », Mémoire
et Racines insiste sur la participation de non professionels
- entendons par-là des artistes qui ne cherchent pas
à vivre de leur pratique.
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Ainsi
à chaque année, il reçoit des anciens,
des chanteurs ou musiciens de village, des gens de la relève
ainsi que des familles. En 1998, il accueillait le violoneux
Yvon Mimeault, qui avait 50 ans de musique derrière
lui, et les familles Cantin
et Thériault.
L'année
suivante, c'était au tour des aînés
de Saint-Côme et de la famille
Neveu. En 2000, les trois générations
de la famille Larochelle (Saint-Côme) présentaient
une partie de leur répertoire. Ce ne sont là
que quelques exemples de ce que le Festival a offert au
cours des années.
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Le
violoniste Yvon Mimeault, invité en 1998, de retour
en 2001.
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Il
est important dans la philosophie du Festival de favoriser
la rencontre des générations, des styles,
des cultures et des catégories (professionnel et
amateur). Selon son directeur, Mario Forest, il n'existe
pas tellement de hiérarchie parmi tout ce monde-là.
Bien sûr, ils ont des savoirs différents,
mais tous cohabitent facilement.
La
programmation est variée et, même si elle fait
une place privilégiée à la chanson et
à la musique, elle offre néanmoins une tribune
importante au conte et à la danse, en réservant
en soirée le Centre Bosco pour ses Veillées
de danse.
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La
famille Neveu, en 1999.
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Ces
deux volets restent cependant à être consolidés,
mais l'édition 2001 a tout de même donné
droit à neuf heures de conte et à deux veillées
animées par des musiciens de grande qualité,
placées sous le signe de la diversité (Québec,
France, Bulgarie).
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La
programmation est variée et
offre
une tribune importante au conte et à la danse.
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Aux
ateliers de musique s'ajoutent une diversité d'ateliers
de conte et de danse.
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Mario
Forest, directeur du festival.
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Le
Festival n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière.
S'il veut être en mesure de répondre à
ses priorités (solidifier sa permanence et augmenter
le cachet des artistes), il doit accroître le nombre
d'entrées, diversifier ses sources de revenu et compter
sur une contribution plus grande des deux paliers de gouvernement.
C'est la première année qu'il obtient des subventions
à la fois du Conseil des Arts du Canada et du Conseil
des arts et lettres du Québec.
Ces
améliorations importantes pourraient permettre la réalisation
de projets auxquels on rêve depuis longtemps, dont l'organisation
de classes de maîtres et de « Fêtes
identitaires ».
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En organisant dans différents
villages une soirée de fête réunissant
chanteurs, conteurs et musiciens locaux, il serait
possible aux gens d'une même localité
de se découvrir mutuellement, d'apprendre les
uns des autres et de tisser des liens.
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Il
s'agit pour le Festival de mettre sur pied une équipe
logistique qui se rendrait dans différents villages
de la région pour apporter un support technique à
la population afin qu'elle organise une soirée de fête
réunissant chanteurs, conteurs et musiciens locaux.
Dans un deuxième temps, tous les participants de ces
rencontres pourraient être invités à un
grand rassemblement annuel.
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Ainsi
il serait possible aux gens d'une même localité
de se découvrir mutuellement, d'apprendre les uns
des autres et de tisser des liens. De son côté,
le Festival aurait une bonne occasion d'entrer en contact
avec des porteurs de tradition isolés dans leur coin
de pays, de les faire connaître et éventuellement
de les inviter à Mémoire et Racines.
Le
projet de former des classes de maîtres à l'intention
des musiciens trotte depuis quelque temps dans la tête
des responsables du Festival. La formule serait simple et
ne nécessiterait guère de déboursés.
Il suffirait de faire venir des maîtres de différents
endroits, des artistes qui connaissent déjà
Mémoire et Racines, le cas échéant,
et de recueillir des inscriptions.
Il
serait tout aussi facile de développer, à
petite échelle, l'enseignement : donner des
cours de guitare, de flûte, de violon. Question
d'arroser le sol, dira Mario Forest.
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Plusieurs
membres de la famille
Perron.
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Malgré
ces différents projets, ce qui reste le plus essentiel
aux yeux du Festival, c'est de faire de la collecte de chansons,
de contes et de musiques. Malheureusement les ressources
manquent et il est impossible de mener de front ce travail
et les activités premières du Festival.
Peut-être
qu'avec la reconnaissance du milieu qui grandit, l'appui
de certains organismes régionaux et le support gouvernemental
qui devrait aller en s'accroissant, sera-t-il pensable à
moyen terme pour l'organisation de remplir ce mandat qu'elle
considère comme urgent
!
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Depuis
sa fondation, le Festival croit fermement et défend
avec autant de conviction la formule qu'il a élaborée
et que l'on pourrait résumer ainsi : concevoir
petit, mais penser grand, le regard porté vers l'avenir.
Il tente de démontrer, selon l'expression de son directeur,
que petit cela ne veut pas dire laid.
Il
est parvenu à aménager un espace pour une fête
à visage humain.
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Le
public apprécie l'ambiance et l'esprit de fête
qu'on lui offre. Une
fête qui a du cur, de l'émotion
où les gens se sentent bien, se parlent, prennent
plaisir à échanger, sans jamais sacrifier
à la qualité, explique Mario
Forest.
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Le
Festival ne cherche pas à grossir ou à devenir
quelque chose d'autre. Au contraire, il se fait un point
d'honneur d'aller à l'encontre d'un mouvement qui
prône qu'il faut toujours « viser plus
gros ». Une tendance qui entraîne
invariablement une sorte d'anonymat et de froideur,
affirme son directeur.
Écoutons
à ce propos ce que dit Yves Lambert, porte-parole de
la septième
édition du Festival : Dans une société
moderne qui devient de plus en plus individualiste, le Festival
Mémoire et Racines apparaît comme un moyen efficace
de lutter contre les effets de la mondialisation.
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Plus
de 150 personnes peuvent assister aux concerts sous une tente
aménagée tel un « cornet acoustique »,
une construction légère en forme de cornet permettant
à la fois l'amplification du son et une bonne diffusion
de celui-ci.
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L'organisme
est conscient de la fragilité de sa situation. Mais
en même temps, il est porté par la réponse
enthousiaste du public qui apprécie l'ambiance et
l'esprit de fête qu'on lui offre.
Ses
responsables observent ce qui se passe dans d'autres festivals
qui ont grossi. Les paroles du directeur de l'imposant Festival
de Vancouver qui leur dit : Keep it small, les
réconforte.
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Malgré
le succès de l'édition 2001 et une participation
du public grandissante, rien n'est gagné. Pour rester
petit, il faudra s'en donner les moyens en générant,
notamment, plus de revenus et surtout, en étant inventif.
Un modèle, tel le cornet acoustique, pourrait s'avérer
une bonne solution pour les spectacles acoustiques. Son
adoption permettrait de doubler le nombre de spectateurs
à ces concerts acoustiques sans perdre la qualité
du son.
Des
voies sont à explorer et le Festival, afin de conserver
sa particularité, se sent prêt à relever
ce grand défi.
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