Comme nous l’avons vu, ce qui caractérise la région de Lanaudière sur le plan de la musique traditionnelle, c’est avant tout sa vitalité.

Avec ses nombreux musiciens professionnels, ses quelques quinze groupes auxquels on doit ajouter tous ceux qui se défont ou se remodèlent au gré des rencontres de musiciens, ses deux troupes de danse, Les Petits Pas Jacadiens et La Foulée, son festival, Mémoire et Racines, le studio du Chemin 4, les Productions Mille-Pattes et Minuit dans la cuisine, ses regroupements, ses musiciens intervenants, on peut dire que la musique traditionnelle est bien vivante et bien présente dans Lanaudière.

 

Il y a encore beaucoup de travail à faire pour structurer le milieu et le doter de moyens de diffusion correspondants aux besoins actuels.

 


L'accessibilité
Production maison et distribution
La force d'un réseau

       

 


Une entreprise de production
Trois collections

   

Mario Forest, directeur de Mémoire et Racines.

 

       

 

 

   

Ce bouillonnement que nous vivons depuis 10 ans est-il dû à un effet de mode comparable à celui que nous avons connu au cours des années 1970 ?

Mario Forest ne le pense pas.

Nous sommes dans une période riche et stimulante. Contrairement à il y a 25 ans, l’effervescence que nous connaissons aujourd’hui est beaucoup plus profonde et enracinée qu’à l’époque. La musique traditionnelle n’est plus comme alors associée et récupérée par le nationalisme. Elle est davantage liée à un mouvement culturel que politique et son rayonnement est aussi plus large.

Il s’agit, je pense, d’une vague de fond tandis que, concernant les années 1970, on pourrait plutôt parler d’un feu de paille. L’effet a été flamboyant, mais de courte durée. Est-ce dû à une réaction au phénomène de mondialisation ? À un désir de retrouver qui on est  ? Je ne sais pas.

Ce que je constate cependant c’est que depuis dix ans le mouvement ne cesse de s’amplifier et que le public se renouvelle. La preuve : la présence en grand nombre d’une quantité de jeunes dans le début de la vingtaine pas seulement à Mémoire et Racines, mais lors de toutes les manifestations traditionnelles au Québec.

 

La musique traditionnelle se porte donc bien et, de plus en plus, on identifie Lanaudière comme la région phare au Québec, non seulement ici mais dans toute la province. C’est le nom qui vient automatiquement à l’esprit lorsque l’on parle de musique traditionnelle.

Pourquoi ? Parce que c’est ici dans la région que son affirmation est la plus affichée et prononcée ? Certainement !

 

   
       


Des enregistrements made in Lanaudière
De la maison au studio
Une règle : l'accessibilité

   


• Une étiquette folk : Minuit dans la cuisine
• Dana Whittle : un engagement en faveur du folk
• Folk Québec

 

Bien que nous soyons actuellement dans ce que Mario Forest qualifie d’âge d’or de la musique traditionnelle, du moins dans la région, il y a encore beaucoup de travail à faire pour structurer le milieu et le doter de moyens de diffusion correspondants aux besoins actuels. Précisons que le mouvement de structuration est encore très jeune et qu’il a débuté il y a 20 ans à peine.
 

La musique traditionnelle vit en marge, organisée en un réseau underground avec ses artisans, ses adeptes, son marché et ses ramifications ici et à l’étranger.

     
     
Il n’est pas question de récupérer la musique traditionnelle pour en faire autre chose que ce qu’elle est profondément. Elle vit en marge, organisée en un réseau underground avec ses artisans, ses adeptes, son marché et ses ramifications ici et à l’étranger. Elle est parvenue à s’épanouir en innovant, en s’organisant et en s’ouvrant lentement sur l’extérieur.

Malgré les efforts des dernières années, les artistes sont encore isolés et souvent laissés à eux-mêmes, tout comme l’est également le milieu qui ne possède pas les outils lui permettant des échanges constants avec les autres régions, le pays et pourquoi pas… le monde.

Tout est encore pour la plupart du temps une affaire d’initiatives individuelles. Des interventions qui finissent par profiter à la communauté entière, mais qui gagneraient en efficacité si elles étaient davantage mises en commun.

Si le milieu a été en mesure au cours des 25 dernières années de créer une musique sachant s’adapter à l’évolution de la société sans dénaturer ses racines, il devrait avoir la capacité d’assurer sa croissance, organisationnelle et structurelle, en s’alliant à des partenaires d’expérience respectueux de la musique traditionnelle et de ses artisans.