Denis Fréchette, dans le Studio du Chemin 4.

   

Un autre phénomène qui distingue Lanaudière est la quantité de disques enregistrés par des groupes et des artistes d’ici. La chose n’étonne pas puisque le nombre de formations est vraisemblablement supérieur à la moyenne. Quelques cinq ou six productions de musique traditionnelle proviennent sans doute annuellement de la région.

Alors que dans les années quatre-vingt on recensait au Québec une vingtaine de productions, on voyait augmenter considérablement ce chiffre au cours de la décennie suivante.

     
   

La musique traditionnelle, rappelons-le, vit en marge de l’industrie et du système. Elle a ses propres règles, son marché et ses adeptes.

 
La musique traditionnelle gagnait de nombreux nouveaux adeptes d’une part, puis l’accessibilité à la production discographique se faisait beaucoup plus grande.
   

• Des enregistrements made in Lanaudière
•De la maison au studio
• Une règle : l'accessibilité

La technologie change et permet, à moindre coût, une qualité sonore supérieure à ce qui se faisait auparavant. On se lance donc dans la production indépendante, la formule la plus souvent utilisée par les musiciens d’ici, qui permet de rapidement récupérer sa mise de fonds. Évidemment, le problème de distribution reste encore épineux.

Tout le monde ne peut bénéficier d’une association avec un distributeur qui acceptera d’inclure dans son catalogue des disques qui ne passeront probablement jamais dans les radios commerciales et que les médias ignoreront également.

   

Après un premier et un deuxième disque, la Famille Sylvestre hésite à poursuivre seule la production d'un nouvel album.

     

Souvent, les artistes doivent se contenter d’une diffusion limitée à quelques disquaires, dépanneurs, magasins du coin et compter sur un lancement qui attirera de nombreuses personnes. La musique traditionnelle, rappelons-le, vit en marge de l’industrie et du système. Elle a ses propres règles, son marché et ses adeptes.

       
Il n’y a peut-être que la Bottine souriante qui jouisse à l’heure actuelle d’un réseau de distribution comparable aux standards de l’industrie. La Bottine possède sa propre compagnie de production, les Productions Mille-Pattes, qui est sous licence avec EMI (une multinationale du disque). Quant aux autres artistes, ils sont réduits à mener leurs propres projets, chacun de leur côté.

Rappelons-le, les radios et les magasins de la province offrent peu d’espace aux disques de musique traditionnelle. Il en est de même des salles qui ne programment guère ce genre de spectacles. Il ne reste plus alors qu’une solution au milieu : s’organiser et se bâtir un réseau. Un réseau parallèle, un réseau underground, peut-être! Mais un réseau solide et bien outillé.

   
   
       


• Une étiquette folk : Minuit dans la cuisine
• Dana Whittle : un engagement en faveur du folk
• FOLQ Québec

 


• Une entreprise de production
• Trois collections

     

 

 

Le milieu est actuellement en train s’organiser, mais il faudra sans doute un noyau encore plus solide qu’il ne l’est présentement pour parvenir à doter la région d’un système de promotion et de distribution efficace respectant les artistes de musique traditionnelle et permettant de rejoindre les gens qui apprécient cette musique. La formule reste à inventer.

Et puis, il faudra poursuivre le travail de sensibilisation et d’éducation tant auprès des artistes que du ministère des Affaires culturelles et du Conseil des Arts et des Lettres du Québec.

     

Ces questions seront à l’ordre du jour d’un colloque organisé par le Conseil de la culture de Lanaudière et ayant pour thème : la vitalité des traditions au sein du patrimoine vivant. D’ici là, on cherche une personne capable de faire le pont entre les valeurs du milieu et cette énorme machine que représente l’industrie.

   


• Un outil supplémentaire

       

• Naissance d'un festival
• Le partage d'expériences et de répertoires
• Plus qu'un festival
• Des orientations
• À venir : fêtes au village et classes de maître
• La collecte de chansons, contes et musiques
• Un avenir à consolider
    Aucune raison d’être pessimiste, des organismes sont déjà bien implantés et des individus convaincus ont entrepris depuis nombre d’années un travail de base qui produit des résultats tangibles. Pensons aux Productions Mille-Pattes, au Festival Mémoire et Racines, aux Productions du Chemin 4, à Minuit dans ma cuisine, à Danielle Martineau, à Marcel Ducharme…